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retour Jean-Yves Bosseur, 2005, Compositeur, chercheur au CNRS, l’interaction entre le sonore et le visuel Minerve Paris Eléonore Bak réalise des sculptures sonores depuis 1986. Il ne s’agit pas, pour elle, de se référer à quelque phénomène musical préexistant, mais de partir du volume même du son, comme pour le sculpter. Produits au moyen d’un générateur de fréquences, les sons fixés sur support entrent en tension avec l’espace architectural défini par l’artiste. Sa matière, c’est donc l’espace sonore entre deux fréquences pures et l’écoute qui en émane. La diffusion doit se faire dans un lieu rendu nu, froid, semi-obscur, où tout aspect visuel lié à l’installation technique est oblitéré. À partir de 1991, E. Bak produit par ailleurs des Partisons, associées à une réflexion sur la représentation graphique du son, les relations intimes entre les phénomènes vibratoires et le tracé d’un trait, “ ce type de dessin permettant ”, selon ses propres termes, “ de rendre perceptible la dimension du temps de façon rétinienne ”. Les rapports entre le son, le signe graphique et l'espace tendent à devenir de plus en plus ambigus dans une partie de la production artistique récente. A cet égard, les expérimentations menées au début du siècle dernier par les futuristes, les dadaïstes, ou ces dernières décennies, par John Cage, ont constitué de précieux catalyseurs pour les artistes qui souhaitaient se situer par-delà les catégories traditionnelles. Plus généralement, les tentatives d'échange, voire d'osmose entre les domaines du visuel et du sonore n'ont cessé, à notre époque, de se ramifier et de se diversifier. Face à une telle floraison, il convient de s'interroger sur les formes d'expression artistique qui jouent délibérément sur le paradoxe que suppose toute ambition de classification, aussi bien aux niveaux de leur conception que de leur perception. |